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Ryuichi mon bel ami

Sakamoto était le 5 novembre au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. Qu’on se le dise après !

Quand le Japon fait parler de lui, ce n’est pas forcément pour de mauvaises vagues printanières qui nous offrent un plateau de crustacés imbibés de Césium 137. Non, le Japon est sans fin, le Japon est infiniment savant, je dirais même plus, le Japon est fin et ceux qui côtoient tous les jours les miracles de la culture japonaise le savent mieux que moi. Le moment privilégié que j’ai vécu en famille le 5 novembre dernier est un antidote à la chimie imbue des hommes, un antidote à la crise, une parade au bruit, une carapace résistant à toutes les bombes, à tous les foutages de gueule, à toutes les explosions de néant, à tous les incendies d’hebdomadaires, un médicament contre l’indigestion des marchés impunis et contre la vérole des cavaliers bouffons qui paradent même quand ils sont morts. Il faut dire que la soirée avait déjà bien commencé avec le remarquable cru d’un viognier frais servi à la terrasse d’un café typique du quartier du Sablon par un Perpignanais bavard. L’endroit est transformé depuis peu en ambassade du Minervois et sobrement baptisé « Maison du Minervois » ! Tentez le coup avec le serveur et dites-lui que vous êtes liégeois, il vous déclamera ses meilleurs crus. Insistez encore et il sera tenté d’ouvrir une succursale à Liège. Après ces délicieux présages - qui faut-il le préciser n’ont rien à voir avec la culture japonaise - et au bout de quelques pâtes et frites picorées à plusieurs, direction la magnifique salle du Bozar (humour bruxellois).

Une file de cent mètres allait des trottoirs aux guichets et il semblait que le temps de distribuer tous les tickets nous conduirait jusqu’à minuit. Le tout-international parmi lequel des centaines de Japonais se pressait lentement, avec la mine des grands soirs, avec l’air réjoui d’aller assister à quelque chose de rare. Des personnes que je trouvais toutes belles (ah bon sang, j’étais déjà bien fait par le vin et mon désir furieux de rencontrer l’artiste en chair et en ondes). L’impression que la foule bigarrée s’est maquillée délicatement pour lui, l’impression que l’on va assister à un concerto de Chostakovich ou Stravinsky sauf que nous sommes au 21ème siècle et qu’ici le maître s’appelle Ryuichi. L’impression que l’équipe va gagner la coupe et qu’elle va bien jouer…

Je venais certes avec une idée assez claire de la qualité de ce que j’allais entendre, mais j’avais volontairement gommé toute tentative de savoir quoi que ce soit, à commencer par la formule, le setup comme on dit dans le jargon. Quel Sakamoto ce soir ? Je m’en balanfichait. L’unique information dont je disposais, c’était la présence de Jaques Morelenbaum au violoncelle, le grand musicien brésilien, ce qui me confortait dans mon sentiment de joie. Tout était possible car Sakamoto, c’est une mine. Un geyser. C'est bien sûr une image car l'homme est de petite taille, ce qui vous l'aurez deviné est sans rapport avec la densité. Voyez Prince, voyez Petrucciani, voyez Picasso, voyez Florian Henckel von Donnersmarck, ce brillant scénariste allemand de 2 mètres 05, certes moins connu et probablement moins musicien. Il a fait beaucoup de choses, Ryuichi. Il a étudié la musique électronique et ethnique, il a étudié la composition et puis dès la fin des années 70, il a posé les jalons de la techno pop (Thousand Knifes, The end of Asia, Yellow Magic Orchestra), il a trituré les atmosphères de l’electro rock et de la world musique (ce concept flou). Il a collaboré avec Japan et David Sylvian, avec Thomas Dolby, Youssou N’Dour, Arto Lindsay, Brian Eno, Bill Frisell, Bill Laswell, Nam June Paik, Roddy Frame (Aztec Camera), Iggy Pop, Robin Scott, Alva Noto, Hector Zazou, Cesaria Evora ou encore le sublime Caetano Veloso. Sacré Sakamoto ! Il est allé encore plus loin. Il a exploré la musique expérimentale (l’art du timbre, de la résonance et des bruits organiques), le cut up, il a composé des pièces pour piano qui font de lui le Satie japonais (écouter le sublime BTTB - Back To The Basic), il a accouché de musiques de films (Furyo, Le Dernier Empereur, Un Thé au Sahara, Talons Aiguilles, Femme Fatale, Silk, Snake Eyes, Tabou…), il a écrit des pièces pour orchestre et enfin, des merveilles de la musique pour Piano, Violon et Cello, au sommet desquelles trône un album intitulé 1996 et qui a une place à part dans ma discothèque. Cet a priori favorable était proportionnel à la discrétion générale de l’artiste qui est parcimonieux dans ses concerts et qui, du reste, reste à l’écart des projecteurs du grand monde académique, à l’écart des dictionnaires des aumôniers de la grande musique, la vraie, celle qui est figée dans la paraffine des cierges de conservatoire alors que la musique s’en est toujours foutu, des murs et des frontières. Bon sang. Mais voilà que les lumières s’éteignent.

Il est entré par la petite porte de côté et sous des applaudissements nourris, d’une démarche rapide et sûre, il est venu brancher son laptop pour, dans la foulée, s’agiter au milieu de son parc de micros (8 micros cigares – probablement des DPA pour ceux que ça intéresse) destinés à alimenter une chaîne sonore pointilleuse, acoustique, avec un volume proche de rien du tout. En s’agitant de manière savante, il a mis ses mains agiles et précises dans les cordes du piano, fait des blings et des tsouong. Ryuyichi est joueur. Il joue avec le sustain naturel des cordes et montre d’emblée que le piano, c’est un instrument plein de secrets inexplorés. Des effets haut de gamme offrent aux notes une étendue immense pour flotter et captiver la salle qui, interloquée, retient son souffle et se demande si elle ne s’est pas trompée de Ryuichi. Sacré Ryuichi. Le concert m’apprendra que sans rien dire ou presque, il sait faire le clown. Les effets se prolongent et sont secondés par une boucle étrange et belle de strings synthétiques. Il quitte l’intérieur du piano, vient s’asseoir au clavier pour nous offrir ses premières notes. A l’issue de cette première improvisation expérimentale, on est plongé directement dans la douceur des timbres, dans le velouté de l’exilé oriental, dans la musique du lien. Dans quelque chose de surprenant et moderne, dans une élégante musique, dans l’art du noising. Pas du pipi de chat, pas de la branlette. Juste l’émotion du son. Comme un chant de sagesse et de folie. Le décor est posé et c’est déjà très différent de beaucoup de concerts. Il n’y a quasi pas de basses, juste les basses naturelles du piano. Il faut tendre l’oreille, s’émanciper des bruits de tous ceux qui toussent (c’est inouï ce qu’il peut exister de rachitiques et de gens qui ont une furieuse envie de montrer comme ils toussent bien, le joli bruit de leurs glaires qui s’offre là où l’émotion suspend son vol, où la musique rejoint le silence - je ne parle pas des vrais toux impossibles à maîtriser, je parle des hum hum gratuits, des greaaarflut, des ehem ehEM, mais brisons là, on va me prendre pour un vieux marquis qui se la pète - cette surrabondance de bruits parasites fera l’objet d’une étude sérieuse commandée par Dissonances). Il n’y a pas d’énergie artificielle, pas de cadeau pour les sourds. Il faut tendre l’oreille. Se taire. Jubiler. Applaudir. Et puis aussi pleurer.  

Parmi les façons de me réjouir des trésors de l'activité humaine, les larmes qui perlent sur mes joues et le souffle coupé constituent chez moi une vibration ultime. Bienheureusement, ça n’arrive qu’à de rares occasions. Et lorsque ça se produit pendant presque tout un concert, je considère que c'est là un événement tout à fait exceptionnel. Un des moments de grâce de la vie. Je connais Sakamoto depuis presque 30 ans. C'est une personne qui est devenue intime dans mon processus artistique à un point tel que j'ai parfois l'impression d'être son ami, son neveu et peut-être son disciple. Quand la vie me déçoit, je m’assois devant mon piano de soie (il a un son incomparable), et tel le concertiste que je ne serai jamais, je joue Intermezzo avec force et mélancolie. Et au fond de moi, je me dis: Ryuichi, mon bel ami.

Il joue et enchaîne sans piper mot deux compositions dont l’une que je n’ai jamais entendue, me convie à des harmonies translucides, à des tensions palpables, une petite mélodie trône, elle porte en elle le sentiment de grosse fatigue, le désir de se poser et se soustraire à la vague. Du Sakamoto, entre la France impressionniste et le Japon. Avec quelque chose de la pop british. Cette pièce n’est pas joviale, mais elle est belle et porte bien son nom. Fukushima #1. J’attends ce que lui inspire le second réacteur.

Et puis entrent et s’installent deux musiciens merveilleux. Jaques Morelenbaum au violoncelle « and a newly auditioned talent, Judy Kang on violin » me renseignera plus tard la feuille de route. Ils vont servir au mieux la musique de Ryuichi. Un véritable trio qui flingue, monstrueux comme on dit dans le jargon. Précision, mise en place, sensualité et surtout, car c’est bon de le souligner, une sonorité intime, éthérée, une ligne pure avec des timbres riches, boisés, avec une chaleur qui ramène au sol, qui invite à saluer mon voisin qui pleure comme moi et que je prendrais bien dans mes bras comme ça, simplement. Il y a aussi, dans le son, la touche de métal qui refroidit les envies de croire en un avenir radieux.

Trois musiciens jouent. Sous mes yeux et mes oreilles, sous les yeux et les oreilles d’un public qui prend son envol avec Ryuichi au fur et à mesure que le concert avance, au fur et à mesure que la texture s’épaissit, au fur et à mesure que la densité pénètre les murs, les barrières, les pudeurs, les replis sur soi. Suffocations, légèreté, voyages en quatrième dimension, déglutitions scabreuses. De la grande musique. Et je pèse mes mots. Sakamoto porte en lui du Satie, du Debussy, du Chostakovitch, du Cole Porter, du Jobim, du Piazzolla. Cette comparaison est pesée et je veux bien en débattre plus tard dans la nuit. Et le meilleur répertoire de Sakamoto y passe avec l’une ou l’autre surprise en cerise. Nostalgia, Aria for Oppenheimer, le somptueux Bibo no Aozora qui est un va-et-vient dans la mélancolie et les tourments de l’âme humaine (adopté par Inarritu dans Babel, ce thème offre à la scène du balcon une inoubliable saveur), je pense à ma belle qui est plusieurs rangs plus loin car nous n’avons pas les mêmes séries de place, mais je sens sa main douce au travers des notes, Seven Samurai -end theme, l’inexorable Tango (avec cette prodigieuse mélodie ensuivie de ruptures de style), Amore, Solitude, et puis le tube de Ryuichi, Merry Christmas Mr. Lawrence, éternel (les gens applaudissent aux premières notes, ce qui, à la longue, doit agacer l’artiste - comme Ferré Avec Le Temps). The Sheltering Sky, qui sonne comme une Gymnopédie mais qui, après 30 secondes, se fâche et dissone. The Last Emperor, comme son nom l’indique, Happy End (au milieu du concert car ça finit mal oui, il s’en va à la fin). M.a.y. in the backyard, ce collage rythmique et enjoué d’atmosphères impressionnistes puis expressionnistes avec des changements radicaux de dynamique, quelque chose de Bartok, 1919, cette pièce qui superpose deux textures rythmiques complètement différentes dans une pirouette obsessionnelle dont Steve Reich a le secret. Pendant tout le concert, j’observe Ryuichi. C’est un trio, mais il dirige en jouant. C’est très étrange. Il fait des gestes précis, obsessionnels et sensuels, qui avec la main gauche, qui la main droite, pour indiquer à ses musiciens les endroits précis où il dépose son émotion. Son toucher est délicat et neutre, extrêmement musical, au service de sa musique davantage qu’au service de lui-même (au-dessus du style). Ses doigts sont souples (en dépit de petites mains) et sa rythmique imparable. Si je me réfère à d’autres musiciens dans les descriptions que je fais de la Musique de Sakamoto, c’est précisément parce qu’il a su comme peu faire la synthèse du 20ème dans une musique du 21ème, abordable et exigeante à la fois, il a su lui donner corps au gré d’un style reconnaissable entre mille et qui est le lien entre l’orient et l’occident, entre les textures de Claude Debussy et les gammes japonaises qui portent en elles un germe particulier et une pentatonique de bambous. Merde, c’est la fin. Il se lève, fait un clin d’œil à ses amis et quitte le pont sans tergiverser. Le public est chaud et la salle sort en crescendo de son envoûtement pour se lever. Pour faire cadeau de sa gratitude en retour de mail. Un long mail, chaud, doux, intimiste, dégagé, gratuit (oui ma place était offerte, merci grande soeur). Moi parmi les premiers, sans me retourner pour bien vérifier que je ne suis pas le seul comme il m’arrive de faire parce que je n’ai pas l’air mais je suis un grand timide. Il reviendra et repartira deux fois pour nous dire quelques mots, pour exécuter des cadeaux que si j’étais croyant je dirais tout droit tombés du ciel. Ichimei/harakiri - Death of a samurai main theme – Parolibre et Mizu Naka No Bagatelle (les traductions la semaine prochaine).

Ah bon sang, vous savez, j’aime le rock, j’aime le jazz, le funk, le dos crowlé, mais une leçon pareille, c’est une leçon d’éternité. A de courts instants, entre les morceaux, je me suis posé la question de savoir s’il était heureux d’être là, s’il était content de lui. Si ça se trouve, c’était le plus mauvais concert de sa tournée. Un millième de seconde plus tard, je m’en foutais rigoureusement. C’est le lien qui compte.

Et je suis sorti de la salle, ce lieu d’épure et de simplicité, comme un homme fier, silencieux, qui a une soudaine envie de se taire jusqu’à la pleine lune. Mais j’avais gravé en moi ce texte que j’offre à celui et celle qui ne connaît pas encore Sakamoto ou qui ne l’a pas encore écouté en vrai direct live. Je leur écris ma surprise d’être encore ému et surpris par quelqu’un qui se renouvelle et cherche toujours de nouveaux pas, de nouveaux arrangements avec un chiffre, 1996. Un chiffre qui ne démode pas.

eRno le Mentholé – le 8 novembre 2011

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