Mon salop

Mon ami, mon frère, mon Rital, je t’ai rencontré à treize ans et ce fut radical. Je suis enfant de tes colonnes et de tes croquis. Noble grincheux, tendre garnement, vieil ours du maquis, merveilleux musicien de la plume d’oie sauvage, tu m’as donné le goût des fièvres et des abeilles dans les abîmes du langage. Je suis l’abonné de Zero, Hara Kiri, Bertha, Charlie. Et puis l’hebdo où j’ai eu la chance de te croiser un beau jeudi de magnésium à Turbigo. Mon salop, mon jeune voyou, j’ai bu la grammaire de ta tonitruante et douce férocité humaine. Tu m’as pris par la main, par l’oreille, tu m’as mis le pied au cul avec une élégance dans le geste qui laisse admiratif.  Tu m’as, tu t’ai, tu nous a bien poilés dans le gras de l’humour sans frontières et dans la dentelle la plus fine et folle, où l’esprit vagabonde et ne retombe jamais. Villon, Gébé, Reiser et Bernier t’attendent avec les pétards et les bons nectars pour chanter ta circonstance. Ça va péter dans les marais filous et dans les encres sépia.  Même Siné pleure avec Satchmo. Et j’entends le frétillement des brindilles blanches et insoumises au pays des moustaches éternelles où tu as fait école. Homme libre, homme qui danse, mon bon François, je te salue avec larme et menthol.
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